Les enseignements du scrutin du 7 septembre 07
Maintenant que les résultats sont connus, l’heure est aux enseignements . Mais, d’abord un constat de taille, c’est la neutralité de l’Administration territoriale, nonobstant la persistance de l’argent " électoral ", qui a continué à couler, par endroits.
Le non-interventionnisme de l’Administration n’ a pas été observé par vertu. Il pourrait trouver son explication, d’un côté, dans le dispositif électoral- la proportionnelle avec le plus fort reste- qui ne permet, pour un parti, de recueillir plus de 25% des suffrages. De l’autre, le travail de sape de l’ère Basri, trente années durant, pour apprivoiser les partis de gauche, a commencé, aujourd’hui, à donner ses fruits. En somme, la configuration actuelle du champ politique marocain est bien maîtrisée et ne peut, par conséquent faire craindre des surprises.
L’enseignement général le plus lourd de conséquence a été le vote de défiance de 70% de Marocains qui n’ont pas estimé nécessaire d’aller voter. Plus des deux tiers n’est pas allé voter, parce qu’il sait que le changement souhaité ne passe pas par ces élections. Donc et contrairement à ce qu d’aucuns pensent, les marocains ont un sens aigu du discernement et savent faire le distinguo entre le bon grain et l’ivraie.
Ce qui mérite réflexion, c’est ce taux d’abstentionnisme. S’il est compréhensible dans une démocratie bien installée, il est inquiétant dans un régime en transition vers la démocratie. Car, il pourrait éventuellement cacher des extrémismes qui ne disent pas leur nom.
Le raz de marée islamique n’a pas eu lieu. Bien au contraire, le PJD a perdu du terrain, à périmètre constant, en termes de couverture , par rapport au scrutin de 2002.
Il ne sert donc à rien, pour les partis de gauche de continuer à vilipender les "obscurantistes " pour se dédouaner de leurs propres contre-performances.
Le problème de la gauche c’est d’abord son éparpillement. Nous sommes devant un large éventail , de la variante " force populaire " ( USFP), à la variante " travailliste " ( PT ), en passant par le " congrès Ittihadi " et autre PSD. Cette atomisation de la gauche a été plutôt la conséquence d’éclatement de rivalités et d’ambition personnelles que de choix différenciés de projet de société. Il est temps pour la gauche de colmater ce schisme, en transcendant , chacun ses petits intérêts.
Le grand perdant de cette opération votative est l’USFP. Il a reculé à la cinquième position. Piètre performance, s’il en est . C’est triste, pour un parti qui avait piloté l’alternance en 1998 et avait géré avec brio l’opération de succession Du Roi Mohamed VI , en 1999,sur le trône Alaouite..
Ce parti historique a mal négocié son engagement dans l’alternance. Au lieu de négocier avec feu Hassan II, dans la transparence , une sorte de " pacte d’actionnaire " avec " obligation de faire ou de ne pas faire ", pour plus de réformes politique, il s’est enlisé dans une guerre de position et de portefeuilles ministériels.
Un parti se réclamant de la gauche, lorsqu’il perd ses principaux actifs, à savoir son militantisme et ses valeurs, il est impérativement voué à la débandade.
En politique, l’on ne peut courir plusieurs lévriers à la fois. Il s’agira de choisir entre, ou bien l’idéal démocratique ou bien des petits intérêts versatiles.
Ce vote- sanction contre l’USFP était donc prévisible, sauf pour ceux qui souffrent de myopie politique.
Mostafa Melgou

Commentaires
Rand le 12/09/2007 à 16:11:29Le plus grand gagnant de ces élections a été le Roi, qui n'aura plus aucune gêne pour nommer le Premier des ministres en dehors des partis.
Auquel cas à quoi auraient servi ces élections, si elles ne dégagent pas une majorité pour gouverner?
Tartarin le 18/09/2007 à 15:55:01
La question aujourd'hui que les élections aient été bouclées, est de connaître le successeur de D.Jettou. Tous les partis attendent Godo et le pays est dans l'expectative.
Mais, en réalité,le choix du premier des ministres au Maroc n'est pas un évènement, dès lors que ce n'est pas un Premier Ministre, c'est à dire ce n'est pas un chef de gouvernement.
Tartarin le 18/09/2007 à 15:55:23
La question aujourd'hui que les élections aient été bouclées, est de connaître le successeur de D.Jettou. Tous les partis attendent Godo et le pays est dans l'expectative.
Mais, en réalité,le choix du premier des ministres au Maroc n'est pas un évènement, dès lors que ce n'est pas un Premier Ministre, c'est à dire ce n'est pas un chef de gouvernement.
Tartarin le 18/09/2007 à 15:56:07
La question aujourd'hui que les élections aient été bouclées, est de connaître le successeur de D.Jettou. Tous les partis attendent Godo et le pays est dans l'expectative.
Mais, en réalité,le choix du premier des ministres au Maroc n'est pas un évènement, dès lors que ce n'est pas un Premier Ministre, c'est à dire ce n'est pas un chef de gouvernement.
Titus le 24/09/2007 à 12:54:27
La montagne a accouché d'une souris.On aurait pu mieux choisir. Je ne comprends pas pourquoi la 'méthodologie démocratique" a été actionnée en 2007 et pas en 2002?
Vaut mieux en rire, de notre champ politque. Piètres acteurs, s'il en est.