Bon vent CDG

La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) est devenue aujourd’hui un opérateur tout terrain. Ce mastodonte investit, restructure et perfuse, jouant ainsi le rôle de bouée de sauvetage si besoin est.

 

Ce redéploiement de CDG intervient à point nommé, dans une optique de substitution responsable, pour impulser une économie morose, à cause d’un système bancaire frileux et discriminant et de l’esprit d’aubaine (H’mizat) et peu entreprenant d’une frange non négligeable de nos hommes d’affaires. CDG devient de facto une force de frappe et un instrument incontournable de la politique économico-sociale de l’Etat.

 

N’eut été CDG, le Maroc se retrouverait, aujourd’hui  démuni de ses outils financiers et compterait sur les seules banques commerciales, pour le financement de son développement économique.

 

Cependant et nonobstant la qualité du management actuel de CDG, le citoyen marocain et surtout le contribuable est fondé de nourrir quelques appréhensions, car CDG a beaucoup de défis à relever et son entreprise n’est pas exempte d’écueils, d’autant qu’il s’agit d’actifs de plusieurs centaines de milliards, dont la qualité reste la garante du devenir de ce fleuron national. 

 

Compte tenu de l’origine des ressources, dont elle n’est que la dépositaire_ caisses de retraites, caisses d’épargnes nationales et divers institutionnels_ CDG  n’a pas droit à l’erreur dans ses prises de participation ou ses projet d’investissements, car toutes pertes avérées ou latentes ou dépréciations d’actifs, risquent de produire des effets d’entraînement  pouvant conduire à la crise systémique.

 

La bonne gouvernance est requise ici, plus que partout ailleurs, compte tenu de l’importance des fonds engagés et de l’ampleur des risques encourus. Mais aucune bonne gouvernance ne saurait se concevoir sans la transparence, le droit du contribuable à l’information et le principe de l’accountability.   

 

C’est dire que le débat sur la problématique économique est bien plus important que celui sur la réforme constitutionnelle, au moins au stade actuel.

 

 

                                                                                                Mostafa Melgou                   



Article ajouté le 2007-03-01 , consulté 27 fois

Commentaires


SB le 06/03/2007 à 20:26:46
Personne ne pourra contester le besoin d'un contrôle externe des activités de CDG. En effet, elle gére des fonds publics ou de prévoyance sociale ou d'épargne. En outre et depuis quelques années, l'intervention de CDG dans le domaine des investissements a un effet d'entraînement indéniable, impactant l'ensemble de l'économie nationale. Il est donc tout naturel, vu l'importance des sommes en jeu et la sensibilité de leur origine et de leur poids sur l'économie, que ce qui est exigé des sociétés privées, à savoir un commissariat aux comptes, soit encore plus valable pour CDG. La question est de savoir qui pourra jouer ce rôle avec l'objectivité et la compétence nécessaires.

Plusieurs organismes publics peuvent jouer ce rôle, dont notamment Bank Al-Maghrib (en application des dispositions de la Loi Bancaire) ou la Cour des Comptes. Mais Bank Al-Maghrib siège déjà au Conseil de Surveillance de CDG. Elle ne peut donc être au four et au moulin. Quant à la Cour des Comptes, elle doit encore faire preuve de sa compétence et de son indépendance pour assumer ce rôle de contrôle.

Si ce contrôle existe déjà, il devrait figurer en bonne place dans les rapports d'activité de la Caisse.


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