Syndrome de la composite
Paul Pascon qualifiait de composite, déjà dans les années soixante, la société Marocaine . Entendez que la stratification sociétale au Maroc ne correspond ni ne reflète la nomenclature de classification sociale telle que conçue et comprise en Europe. Comprenez que nos clivages sociaux et par extension politiques ne sauraient être cernés au niveau de l’intellect ni abordés, au niveau de la praxis, selon les prismes : prolétaires, bourgeois et petits-bourgeois ou encore, droite et gauche. Corollaire : avons encore besoin, nous marocains, les uns et les autres d’un effort de conscientisation, quant à la définition et la détermination de nos classes sociales respectives.
Ce débat sur la composite, est-il toujours d’actualité ? il me semble que oui. Et il n’a jamais été aussi nettement illustré que par l’actuel gouvernement. Et je m’en rends encore plus compte, lorsque je me pose la question suivante : ce gouvernement, applique t-il le programme de l’USFP, ou de l’Istiqlal ou du MP ou du RNI ou encore un programme SAP (Sans Appartenance Politique ), le Premier Ministre étant un technocrate ? Ou bien s’agit-il d’improvisation de programmes, au gré des conjonctures ?
Tant que l’on n’aura pas répondu à ce questionnement de fond et dissipé les confusions de chapelles, la transition démocratique n’arriverait jamais à son terme et le Maroc s’installerait irrémédiablement dans le provisoire qui dure.

Commentaires
JMD le 26/02/2007 à 18:50:45Dans un environnement sociétal composite, la grille d’analyse gagnerait à faire appel à des concepts d’anthropologie et même d’anthropo- morphologie, dès lors que la classification sociale telle qu’elle pourrait être empruntée à l’histoire de la pensée sociopolitique européenne n’est pas applicable.
C’est donc tout le paysage politique marocain qu’il faut analyser, pour en faire un diagnostic aussi juste que possible et à partir de là, décliner les chantiers qu’il faut explorer à la quête de remèdes.
Des revendications telles que démocratie pure, sans en préciser les contours, relèveraient purement et simplement de la fatuité du discours.
Quelques chantiers prioritaire : combattre l’analphabétisme, l’habitat insalubre, l’emprise étrangère sur notre économie.
Réussir ces chantiers chiffrables demeure une entreprise des plus louable et épargnera au citoyen lambda le discours fantasmagorique sur l’état de droit.
JMD