La malédiction de Gaza

La malédiction de Gaza traquera beaucoup de gouvernants arabes, réunis au sommet de Kuweit. Un sommet qui a remis en exergue la déchéance des régimes arabes et leur impuissance à entreprendre des actions concrètes de nature à relever les défis inhérents aux mutations que le monde est en train de vivre, avec l'avènement d'un nouveau président des USA.

On s'attendait à ce que les gouvernants arabes saisissent ce tournant historique pour faire montre de leaders soucieux des causes de leur peuple et procèdent d'une position de force pour se positionner sur l'échiquier international. Or, que constatons-nous ? Des leaders arabes divisés entre " modérés " et " réfractaires ", qui n'étaient parvenu à réunir un sommet qu'après vingt jours de " boucherie " sur Gaza, après que des milliers d'enfants d'hommes et de femmes aient péri. Un premier sommet de Doha qui ne parvenait même pas à réunir le quorum légal, mais réussissait néanmoins à décider le gel des relations avec l'Etat Hébreux. Un deuxième sommet au Kuweit, où l'holocauste de Gaza ne constitua qu'un point subsidiaire dans son agenda, dès lors qu'il focalisait sur les questions économiques.

Le piètre sommet n'a débouché sur aucune déclaration finale et n'a accouché d'aucune décision de portée politique, sinon la création d'un fonds arabe pour la reconstruction de Gaza. Le sommet de Kuweit a cristallisé les clivages entre le clan des modérés et celui des réfractaires, nonobstant les accolades et les discours lénifiants de la séance d'ouverture. Car en séances closes, chaque clan a campé sur ses positions. Il en est dégagé ceux qui soutiennent le droit à la résistance et les autres, ceux qui sont pour le sans fin et absurde processus de paix qu'ils quémandent à Israël.

La résistance mythique de Gaza à la barbarie Israélienne a mis à nu la soumission de certains gouvernants arabes aux desseins impériaux de Washington et velléités coloniales de Tel Avive dans la région. Elle a aussi mis à rude épreuve leurs sentiments identitaires et l'orgueil d'être un arabe.

La malédiction de Gaza poursuivra certains dirigeant arabes jusqu'à la tombe, dirigeants incapables de geler un tant soit peu leurs relations avec Israël ou de suspendre l'initiative arabe de paix que Tel Avive et Washington boudaient depuis trois ans déjà. Les notions de souveraineté et d'indépendance ont fini par se vider de leur substance.

Mostafa Melgou



Article ajouté le 2009-01-23 , consulté 33 fois

Commentaires


jebmed
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25/01/2009 à 11:04:22
Le constat est le même depuis toujours car l’unité arabe n’a jamais existé, abstraction faite des liens sociaux et culturels, voire religieux, qui sont le point commun des gens qui vivent dans les pays dont l’arabe est la langue officielle. Ces sommets sont crées pour maquiller la division des dirigeants arabes, qui pourtant ont tous un point commun : la volonté de rester au pouvoir coûte que coûte.
Les Etats-Unis confirment une fois de plus que leur stratégie est toujours payante : diviser pour mieux régner. Et gare a ceux qui oseront titiller l’hégémonie (Syrie et Iran) sur la région….
zankana
le 26/01/2009 à 12:22:37
Très bien dit cher Jeb.Il me semble que le talon d'Achille du monde Arabe c'est l'absence de démocratie. C'est cette absence qui est à l'origine de tous nos maux, dès lors que le pouvoir demeure personnel et incomptable devant un peuple sans avis.
D'ailleurs, l'holocauste de Gaza a mis à nu cette vérité à savoir que les gouvernants sont aux antipodes des aspirations de leurs peuples. Faites un référendum sur l'unité Arabe, vous verrez que que tous les peuples arabes sont pour et vous verrez aussi que tous les gouvernants sont contre, pour la seule raison que chaque gouvernant voudrait rester le leader, le Zaim de sa chasse gardée.

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